Donation

Antoine Bugeon est un talentueux dessinateur. Son travail de documentation au sein de la Fondation Octopus est primordial. Lors de chaque mission, il en observe et raconte les coulisses en bande-dessinée. Un véritable magicien du crayon…et de l’encre. 

Quel est ton rôle au sein de la Fondation Octopus?

J’accompagne l’équipe lorsque l’on me le demande pour prendre des notes et faire des croquis qui sont ensuite conservés par Julien comme sources iconographiques pour présenter la Fondation. Ils sont aussi réutilisés lors de la conception de nos bandes-dessinées. Je participe également à des expositions lorsque Julien me sollicite. Puis, parfois, j’abandonne mon carnet et aide mes camarades dans d’autres tâches telles que le bricolage, la navigation, la cuisine etc.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler avec Julien et son équipe?

Julien m’a été présenté par une amie que nous avions en commun qui avait déjà travaillé pour son magazine, « OCEAN 71 ». La première rencontre s’est déroulée à Brest à bord d’un voilier. Je me souviens avoir sorti un carton sur lequel il y avait pleins de dessins d’indiens Yamanas. Après quelques temps, Julien m’a proposé d’illustrer quelques articles pour le magazine. Puis, nous avons créé le logo de la Fondation Octopus à quatre mains sur le bord d’une table de café à Nantes. C’est là qu’il m’a proposé de venir avec son équipe à Fiskardo en Grèce, afin de faire des croquis de leur travail sur les restes de l’épave d’un avion de la seconde guerre mondiale. Le genre de proposition que l’on ne refuse pas. C’était pour moi une formidable occasion de voyager, de voir autres choses et de rencontrer de nouvelles personnes.

Quel est ton rapport à la mer?

J’ai passé une grande partie de mon enfance sur l’île de Noirmoutier, dont mes grands-parents paternels sont originaires. Un jour, mon oncle m’a offert une maquette de voilier qu’il avait fabriqué de ses propres mains. Dès lors, j’ai essayé de comprendre comment les bateaux fonctionnaient, jusqu’à construire mon propre voilier et naviguer à son bord. De plus, la mer, vue de la terre, je trouve ça beau et plutôt rassurant. Et puis, « être » sur l’eau, c’est faire des choix et revenir à des choses essentielles.

Quel sont tes meilleurs souvenirs aux côtés de la Fondation?

Les meilleurs souvenirs, ce sont de belles rencontres avec des personnes généreuses, qui n’hésitent pas à donner de leurs temps, qui partagent et transmettent leurs passions. C’est un Cédric, un Harris à Céphalonie, un Georges à Ithaque, une Daniella à Lampedusa, Gionata, Jean ou Barbara en Albanie, un Philou, un Seb …

D’où te vient ta passion pour le dessin?

Je l’ignore! Petit déjà, je dessinais. Je n’en ai pas le souvenir, mais mes enseignantes l’avait déjà remarqué. Je suis de nature plutôt timide. C’est sans doute une manière pour moi d’exprimer ce qui m’anime. Ce que je sais, c’est que, lorsqu’un jour l’on m’a demandé ce que je voulais faire lorsque je serai grand, j’ai répondu : « dessinateur ».

Un jour, j’ai rencontré un monsieur d’une grande gentillesse, Jean Olivier Héron, créateur de « Comment naissent les bateaux », qui m’a encouragé à persévérer. Ça n’a pas toujours été facile, mais penser que l’homme n’a cessé d’essayer de représenter le monde par le dessin depuis Cromagnon, ça rassure un peu donc je continue.

Qu’est-ce qui t’inspire dans le monde marin?

Comme c’est un autre monde, cela m’intéresse de savoir ce qui s’y passe et d’essayer d’en faire partie à travers mes dessins. Cela m’inspire, car le monde marin laisse une grande place à l’imagination, puisqu’il reste encore quantité de choses à y découvrir. J’aime bien l’image de celui qui ne cesse de courir après l’horizon pour le rattraper, je pense que cela résume assez bien mon attrait pour la mer et mon métier.